jeudi 21 février 2019

Dessiner dans les musées parisiens

cet article propose une synthèse des stages de dessin que j'ai animés à Paris d'octobre 2018 à février 2019. Je reviens ici sur quelques points abordés lors de ces séances. Je considère que le travail effectué dans les musées nous prépare au dessin en extérieur, sur site. L'approche que je vous propose ici est théorique, elle vise à vous aider à aborder sereinement vos sujets en plein air.
Voici la liste des musées dont il est ici question:
cité de l'architecture et du patrimoine, musée Guimet, musée Bourdelle, musée Moreau, musée Henner, musée d'histoire naturelle, palais Garnier.


1- les contours

Je commence souvent un dessin en traçant le contour de mon sujet. La silhouette nous permet de rapidement poser les grandes lignes du dessin. Exercez-vous à tracer le contour d'objets posés sur une table, de personnes assises en terrasses de café, de petits édifices... Selon la taille du croquis nous pouvons décider d'en rester au contour, ou ensuite remplir la forme esquissée.




Sur les deux planches précédentes, je n'ai construit que les contours. Pour tous les dessins de la planche suivante, je construis d'abord le contour qui me permet de rapidement mettre les choses en place. Je remplis ensuite chacune des formes. J'essaie ici d'être très précis dans la construction du contour. Pour cela, je prends le temps de longuement observer mon sujet.



J'ai procédé de la même façon au musée Bourdelle sur la planche qui suit.




Traiter un sujet de la sorte nous invite à prendre le temps d'observer le sujet, et à soigner le graphisme. Essayez de dessiner à l'encre, avec une ligne claire. Le soin que vous porterez à votre graphisme rendra votre dessin plus lisible. Apprenez à définir clairement le contenu de votre dessin. Pensez, avant de commencer, à ce que vous souhaitez montrer.
Pour travailler la clarté de votre graphisme vous pouvez aussi vous amuser à traiter un sujet d'une seule ligne, c'est à dire sans jamais relever le stylo.

voici quelques dessins réalisés au museum d'histoire naturelle reprenant les principes que nous venons de voir. Pour chaque animal j'ai commencé par tracer le contour.






Voici la panthère en deux temps. Je commence par les contours. Je remplis ensuite la forme. Cette façon de procéder peut vous inviter à regarder tous types de sujets avec le même œil. On ne se soucis plus de la nature du sujet, il ne s'agit que de formes. Les formes seront plus ou moins complexes, les contours plus ou moins riches.



2- composition

On a parfois tendance à négliger la composition. De la même façon que le graphisme, la composition est en grande partie responsable de la "réussite" d'un dessin. Il s'agira de penser la composition d'un dessin, mais aussi la composition d'une page de croquis.
Sur la planche qui suit, réalisée au musée Henner j'essaye de comprendre les compositions des dessins du peintre: les rapports hauteur/largeur des cadres, la façon dont s'inscrivent les figures dans la toile, les rapports qu'entretiennent les différents éléments présents...



Il s'agit ici d'une étude de composition, je choisis donc de laisser de côté la question du graphisme. Il me parait important, quand on aborde le dessin de façon didactique, dans le but de progresser, de concentrer toute son attention sur UNE problématique à la fois. 




L'étude présentée ci-dessus reste inachevée, ou devrais-je dire le dessin est inachevé. Mon étude de l'oeuvre est bien terminée. Ce que je retiens: les deux figures s'inscrivent dans un format constitué de deux carrés. Les deux corps nus sont clairs et tranchent avec un fond sombre. Un carré peut s'inscrire entre les deux corps, etc. Je pourrai plus tard, appliquer les recettes de Henner dans mes dessins maintenant que je les ai intégrées.


3- Capter une attitude

Il est important, quand on dessine une personne de saisir son attitude. Dessiner une personne en mouvement ne nous laisse que très peu de temps pour saisir l'attitude de celle-ci à un instant choisi. Il est donc intéressant de s'exercer sur des dessins ou des sculptures. Un œil averti pourra mémoriser une attitude observée, la main, rapidement, pourra la transcrire sur le papier. Il s'agit dans un premier temps de comprendre la façon dont s'articulent les différentes parties du corps, les unes par rapport aux autres. Comme je l'ai dit précédemment, si nous choisissons de nous intéresser, d'étudier, la construction du corps, ses différentes positions, nous laisserons de côté le graphisme, la composition, etc. 
Je décide, d'étudier la position de la Pénélope de Bourdelle. Un premier croquis assez schématique me permet de faire ressortir les grandes lignes. Le personnage est construit de façon quasi géométrique. Je fais une seconde esquisse plus poussée dans laquelle je définis mieux les contours.




Ces deux études me permettent enfin de construire une troisième figure pour être au plus prêt du modèle. Je reviendrai plus tard sur le travail des valeurs.


4- du dessin au modelé

Le dessin est la première étape d'un vaste processus. Intéressons nous à présent aux valeurs. Je vous invite à aborder cette étape à la hachure plutôt qu'à la peinture. Nous allons apprendre à placer les valeurs. Soit pour mettre en place des clair-obscurs, soit des effets de fondu. Le clair-obscur consiste à associer une zone blanche à une zone noire, un clair à un foncé, afin d'attirer l’œil vers une partie du dessin. Le fondu, au contraire consiste à lier deux parties en les traitant dans des valeurs proches.


Sur ce portrait, le visage clair est associé à un fond sombre: il s'agit d'un clair-obscur. Les contours du visage sont nets. A l'inverse, la chevelure se noie dans le fond. Les valeurs du fond et des cheveux sont sensiblement les mêmes. Afin de ne pas complètement perdre le dessin, je vais ponctuellement forcer la hachure d'un côté ou de l'autre de la ligne de contour.
Pour donner du relief à mon dessin, je travaille systématiquement mes hachures en dégradé. Il en sera de même avec la peinture.



Sur la femme aux griffons de Gustave Moreau, la végétation du second plan n'est traitée que par les contours. Je construis ensuite une hachure en dégradé sur la végétation pour contraster avec le corps de la femme. Le fond me permet ici de faire ressortir la courbure du corps.


5- premiers coups de pinceau

Il est intéressant de commencer par une étude crayonnée. J'étudie les valeurs en hachure, avant de passer à la peinture. Nous ne parlons pas encore de couleur. La peinture est d'abord le moyen de mettre un dessin en relief par des jeux de contraste.  




Apprenez à faire monter les valeurs progressivement. Essayez, comme sur le dessin qui suit, de construire un sujet sans faire de dessin. Directement avec votre pinceau, par petite touches, façonnez votre sujet comme si vous le modeliez. Je concentre mon attention sur la sauvegarde des blancs, surtout dans le visage. Je vais progressivement faire monter les valeurs autours des parties éclairées.



Ici, sur la copie d'une sculpture de l'église de conques exposée à la cité de l'architecture, je construis rapidement mon dessin. Comme pour le sujet précédent, je vais ensuite progressivement faire monter les valeurs. 


Même processus au musée Guimet.



6- un peu de couleur

Mieux vaut avoir la patte légère dans un premier temps. Je commence à mettre de la couleur, en restant attentif aux valeurs.
Sur les croquis qui suivent, réalisés au palais Garnier je dispose quelques touches colorées. Les blancs sont encore très présents. Il s'agira par la suite de resserrer les zones de blancs en superposant les glacis.



Dans celui-ci, je travaille la composition en plaçant un second plan que je choisis de ne pas peindre.


Ici, au musée Bourdelle, je choisis de colorer les ombres. J'oscille entre des couleurs froides et chaudes.



7- introduction au dessin d'architecture

L'architecture, comme le corps et une histoire de formes. Il est important de ne pas se laisser impressionner par la complexité apparente des choses. Il est également important de ne pas mettre la charrue avant les bœufs. Dessiner l'architecture c'est avant tout prendre le temps de la contempler. Le dessin, nous ne le dirons jamais assez, est un exercice d'observation. Acceptez de ne pas faire une belle image, et vous serez alors prêt à progresser. 
L'architecture peut donc elle aussi être traitée par les contours. Sur le dessin qui suit, celui d'un édifice parisien, je construis la silhouette du bâtiment. C'est après seulement, que je commencerai à regarder ce qu'il se passe dedans.



et pour finir... l'escalier du palais Garnier.



8 commentaires:

  1. Merci Jérémy ! Je reviendrai sur cette page mais sache que depuis Sienne, lorsque je suis en difficulté sur un dessin, j'ai recours à la ligne de contours ! je dirai même que je l'intègre maintenant dans chacun de mes dessins ... sans m'en rendre compte ! je t'embrasse !

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  2. Merci pour cette leçon, encore une fois les parisiens ont de la chance §

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  3. Toujours aussi intéressant. Merci Jérémy. Claude

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  4. Merci pour cet article fort interressant. J'y reviendrai pour essayer de mettre cela en pratique

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  5. avec Maguy, nous usons nos chaussures sur les trottoirs angevins et château d'Angers pour améliorer ce que tu nous as appris, nous allons aussi prendre une carte des musées d'Angers merci Jérémy à bientôt Brigitte Boucherit

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    1. magnifique Brigitte! bonne continuation à toi, et bon dessin.

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